L'annonce du jugement de la cour d'appel d'Amiens a été accueillie par une explosion de joie et par les larmes des prévenus.
La cour d'appel d'Amiens a condamné vendredi les six salariés de l'usine Continental de Clairoix à de simples amendes. Elle n'a pas suivi les réquisitions de l'avocat général, qui demandait la confirmation des peines de première instance, allant de deux à cinq mois de prison avec sursis.
"C'est un gros soulagement parce que la ministre de la Justice avait réclamé des peines lourdes", a déclaré Xavier Mathieu à sa sortie du tribunal. Le délégué CGT de l'usine, qui écope de 4.000 euros d'amende, a dit espérer qu'il n'y aurait pas de poursuite au civil, pour réclamer des dommages et intérêts. Les amendes des cinq autres prévenus s'élèvent à 2.000 euros.
Lors de l'audience, à la mi-janvier, les prévenus avaient expliqué leur irruption dans la sous-préfecture de Compiègne comme un geste de colère non prémédité. Ils avaient saccagé le bâtiment, après l'annonce de la fermeture du site du fabricant allemand de pneumatiques. L'usine, qui comptait 1.120 salariés, a fermé ses portes en 2009
COMMENTAIRES
Ecrit par Thierry Aury le 09/02/2010 13:40:13
J'étais ce matin présent aux côtés des salariés de Continental avec mes amis du Front de gauche et comme eux je me suis félicité de l'abandon des condamnations à la prison qui les avaient frappés en première instance.
Ce recul est à mettre à l'actif de la lutte déterminée des salariés de Conti et au vaste mouvement de solidarité qu'ils ont suscité avec notamment le témoignage des principaux responsables de la gauche française lors de leur procès.
Nous regrettons évidemment qu'ils n'aient pas été tout simplement relaxés.
Il faut maintenir la pression pour que le gouvernement et l'Etat cessent définitivement leur acharnement contre ces salariés.
Ce premier succès est un encouragement pour tous ceux que le pouvoir cherche à faire taire et à intimider parce qu'ils refusent de se soumettre à un système capitaliste injuste et destructeur.
Ces salariés se sont battus contre la destruction de leur emploi, contre le saccage de leur vie, de celle de leurs familles et de tout un territoire.
La vraie violence est du côté des grands actionnaires, des patrons licencieurs et délocalisateurs qui ferment des entreprises pour s'en mettre encore un peu plus dans des poches déjà très pleines.
A quand le jugement de ces véritables voyous ?
Il est indispensable de donner des droits et des pouvoirs nouveaux aux salariés dans les entreprises pour faire reculer la toute puissance des actionnaires et des financiers.
Le vote Front de Gauche exprimera aussi cette volonté lors des prochaines élections régionales.